mardi 29 novembre 2016

Le Cerf* à Marlenheim : la choucroute parfaite




Il y a quelques temps, Mister Ratatouille avait entendu parler, par un collègue, de la fameuse choucroute de Michel Husser sacrée "plus belle choucroute du monde" par Le Monde. Ce dernier lui en parlait avec des étoiles dans les yeux.



Il n'en fallait pas moins pour que nous décidions d'aller juger par nous-mêmes, amoureux de la choucroute que nous sommes, ce que valait vraiment cette sainte choucroute.
Le moins qu'on puisse dire, c'est que nous n'avons pas été déçus : de loin la meilleure choucroute jamais mangée.
Pour 36 euros, le paradis gustatif ouvre ses portes. Alors même que mes attentes étaient très hautes, je n'ai pourtant pas du tout été déçue, bien au contraire, aussi le mot d'ordre de cet article est bien "courez-y !" et je pense que d'ici la fin de l'article je vais être à court de superlatifs.
Je précise que, même si je connais un peu la famille de M. Husser (voir ci-dessous), je ne suis pas payée pour faire de la publicité ou autre : c'est vraiment un coup de coeur et mon avis personnel !


Il faut savoir que ce succès me touche tout particulièrement car j'ai un rapport un peu particulier avec l'institution qu'est Le Cerf , et ce pour deux raisons : 
- la première est que j'ai grandi à Marlenheim et que j'étais en cours avec une des deux filles de M. Husser. Je connaissais donc un seul chef en grandissant, c'était lui. 
- la deuxième est que lorsque j'étais étudiante à Strasbourg j'ai mangé un soir au restaurant universitaire et M. Husser avait cuisiné le repas pour faire découvrir la gastronomie aux jeunes. Je m'en souviendrai toujours, c'était du canard avec une bonne sauce brune (à l'époque, je n'y connaissais guère plus, je ne saurais donc l'identifier plus avant) avec des spaetzle.
Ce fut une révélation
Dans un article précédent, j'ai parlé de Jamie Oliver comme celui qui fut mon mentor pour cuisiner, mais s'il y a bien un événement qui m'a ouvert en premier lieu à la cuisine, c'est celui-ci, lorsque M. Husser a cuisiné pour le restau u.
Pour la première fois, j'ai eu une émotion, un choc. Je n'en revenais pas : qu'un simple plat puisse transmettre autant me dépassait totalement. Ce fut une vraie découverte et le tout début de mes pérégrinations, de mes curiosités culinaires.
Donc, je dois un grand merci à M. Husser.
A l'époque, peu après cette révélation, ma famille m'avait fait la surprise de m'emmener fêter mes 20 ans au Cerf : ce fut mon premier étoilé.

Revenir après tant d'années au Cerf et voir que ses plats ont toujours autant de succès et me procurent toujours autant d'émotion est donc un vrai plaisir.
Il me semblait aussi qu'il était temps, dix ans après exactement, de le remercier en personne
J'ai eu l'immense plaisir de discuter avec lui après le service et j'ai découvert un chef très chaleureux, ouvert, passionné et surtout généreux, pour qui la cuisine n'est pas une affaire de technique, de molécules ou de spectacle mais bien d'émotion, de transmission, de gourmandise, d'amour
La transmission n'est pas un vain mot dans cette famille où déjà Le Cerf était étoilé du temps de son grand-père !

C'est donc bien de cela dont on parle dans cette choucroute : tout a été pensé, sélectionné, préparé avec soin, délicatesse, pour aboutir à la quintessence du plat, au souvenir enfoui en chaque Alsacien de la choucroute de la grand-mère.


Personne n'en parle mieux que lui-même, mais je vais quand même vous faire un petit résumé de ce qui rend sa choucroute si spéciale :
- le chou, le quintal d'Alsace de la variété Fil d'or à Krautergersheim, est rigoureusement sélectionné. Il est plus tardif et a un goût plus prononcé. Aussi, pour ne pas l'altérer, le chef le lave très peu ;
- une partie de la charcuterie est remplacée par du cochon de lait rôti ; 
- il rajoute un foie de canard qu'il fume lui-même (une tuerie) et un pied de cochon farci hyper fondant, ainsi qu'un boudin maison aux épices de Noël à tomber par terre ;
- pour l'accompagner, nulle moutarde, mais une petite sauce au raifort excellemment bien dosée, très douce, qui vient quand même relever l'ensemble à merveille, ainsi qu'un jus de veau, il me semble, pour arroser le tout (voir photo ci-dessus) : l'accord est parfait.



Le reste du repas fut à l'avenant, c'est-à-dire excellent : je vous laisse juger par vous-mêmes. 


Amuse-bouche : émulsion betterave-girolles, maki alsacien maquereau-choucroute, club sandwich

La star était bien évidemment la choucroute mais nous avons quand même pris beaucoup de plaisir avec les desserts et les amuse-bouche, notamment le club sandwich, qui là encore montre la volonté du chef de sublimer les plats les plus classiques, les plus banals, et d'en faire des chefs-d'oeuvre.


Pains et fougasses

Vacherin : sorbets citron, fruit de la passion, mûre cassis, fraise, ananas enrobés d’une fine couche de glaçage chocolat, crème glacée à la vanille, meringues et chantilly

Saoutobo : petit fondant tiède et coulant aux chocolats grands crus Caraïbes et Manjari parfumé à la fève de Tonka, salade de fruits exotiques, sorbet mangue

Mignardises




samedi 26 novembre 2016

Turin #5 L'apericena




Il existe dans tout le nord de l'Italie un concept appelé l'aperitivo, et plus spécifiquement à Turin il est nommé apericena, mot-valise contractant aperitivo, l'apéritif, et cena, le dîner, qui est proche des tapas, et qu'on pourra traduire en français par "apéritif dînatoire".

D'ailleurs, pour la petite histoire, ce serait à Turin que serait né le concept même de l'apéritif proprement dit, c'est-à-dire le fait de boire un verre accompagné de petites choses salées à grignoter, et ce juste avant le dîner.

Qu'a-t-il donc de spécial à Turin, cet apericena ?

Eh bien, il consiste à payer plus cher que d'habitude une boisson et en échange on peut avoir à manger à volonté ou (puisque cela dépend des formules et des restaurants) suffisamment pour être rassasié.

Soit l'on se sert soi-même à un buffet régulièrement réapprovisionné durant la soirée, soit, mais c'est moins classique, on nous apporte un ensemble de petits plats pour la tablée à partager entre nous.
La formule est donc très conviviale, comme vous pouvez l'imaginer.

Pour le touriste en visite à Turin, c'est aussi une chance de découvrir des spécialités locales. Sur la photo ci-dessus, vous avez notamment du vitello tonnato, dans le récipient en terre cuite rouge de la bagna cauda, une sauce chaude à base d'anchois, d'ail et d'huile d'olive dans laquelle on trempe les crudités, des gressins, des haricots à la moutarde, des brochettes tomate-mozzarella, des olives, de la charcuterie et du fromage local... Tout cela accompagné pour ma part d'un petit verre d'Erbaluce divin.

Et ce que vous voyez sur la photo n'est que la première partie : on nous a servi ensuite des petites boules frites fourrées au jambon et à la mozzarella ainsi que des pâtes aux petits pois... Bref, à la fin, nous étions vraiment rassasiés. 

Si vous êtes de passage à Turin, je ne peux donc que vous conseiller de tester l'apericena !

J'en ai terminé pour le moment avec la série culinaire sur Turin. J'espère que cela vous aura fait voyager et découvrir quelques spécialités. N'hésitez pas à me partager vos remarques en commentaire !

jeudi 24 novembre 2016

Turin # 4 Le vitello tonnato




Une spécialité turinoise que j'apprécie tout particulièrement : le vitello tonnato !
Un mélange de viande de veau coupée très finement, un peu comme un carpaccio mais cuit, recouvert d'une sauce au thon et aux câpres, qui se mange généralement en primo piatto donc en entrée.

De retour à la maison, je me suis empressée d'en refaire !
Ma version aboutit à des tranches plus épaisses parce que c'est ainsi que Mister Ratatouille le préfère mais n'hésitez pas à faire les tranches plus fines si vous préférez.

Traditionnellement la viande se cuit à l'eau la veille et refroidit toute la nuit dans son bouillon mais comme j'étais pressée, j'ai opté pour une cuisson au four, comme le préconise Fumiko, après l'avoir doré à la poêle quelques minutes et c'était très bon.

Ingrédients (pour deux personnes)
- 300 g de noix de veau
- 1 boîte de thon de 250 g au naturel
- 2 filets d'anchois
- une dizaine de câpres
- 1 citron
- de l'huile d'olive

Préchauffer le four à 150°C.
Faire dorer la noix de veau à la poêle pendant 3 à 5 minutes avec un filet d'huile d'olive. Du jus de veau va s'écouler dans la poêle, ne surtout pas le jeter !
Poser la noix de veau dans un plat allant au four et enfourner pour 15 minutes. La laisser reposer dans le four éteint pendant 15 à 20 min.

Pendant ce temps, préparer la sauce en plaçant dans un mixer la boîte de thon, les anchois, un demi-citron, le jus de cuisson du veau et deux cuillères à soupe d'huile d'olive.
Saler, poivrer selon son goût.

Trancher finement (ou pas !) la viande, saupoudrer de fleur de sel et d'un peu de poivre. La napper de la sauce au thon et finir par les câpres posées dessus.

Bon appétit !



Une des versions mangées en Italie, sans câpres.




lundi 21 novembre 2016

Assiette complète d'automne





Je suis devenue une fan des assiettes complètes pour le déjeuner, et j'avoue avoir passé l'été dernier à carburer à cela.

J'ai découvert le principe sur le blog d'une autre Alsacienne, j'ai nommé Réjane de Foodforlove : une assiette équilibrée d'aliments sains, vite préparée, et adaptable à volonté. Si vous voulez de belles photos, des recettes saines et équilibrées, de l'inspiration, allez visiter son blog : c'est un de mes préférés et je trouve que son travail mérite d'être reconnu.

Le titre est bien entendu un hommage à sa propre recette d'assiette complète d'automne. J'ai fait cependant quelques modifications.
J'ai remplacé le sarrasin par du boulgour, les épinards par un mélange mâche-roquette, j'ai pris du tofu nature et non du fumé. Enfin, j'ai rajouté une petite sauce au yaourt pour lier l'ensemble.

L'ensemble est très spontané, j'étais pressée de manger !

Ingrédients (pour une assiette) :
- 80 g de boulgour 
- 4 tranches de butternut
- 100 g de tofu
- 6 châtaignes pelées en boîte 
- une petite poignée de mâche
- une petite poignée de roquette
- ciboulette
- 1 yaourt grec nature
- huile d'olive
- sauce soja
- Maggi liquide
- vinaigre de Melfor

Faire cuire le boulgour dans une casserole d'eau bouillante salée pendant 15 minutes. Egoutter.

Préchauffer le four à 180°C. Déposer les tranches coupées de butternut sur du papier sulfurisé. Les enduire d'huile d'olive, de sel et de poivre. Enfourner pendant une demi-heure environ.

Faire revenir le tofu coupé en dés à sec dans une poêle pour bien le dorer. Déglacer avec un trait de sauce soja à la fin.

Assaisonner le yaourt en sel et poivre selon votre goût et rajouter (petite touche alsacienne !) un trait de Maggi liquide ainsi qu'un filet de vinaigre de Melfor. Bien mélanger.
Ciseler la ciboulette.

Préparer l'assiette : disposer le boulgour, les courges et le yaourt. Rajouter les dés de tofu et les châtaignes. Terminer avec une poignée de salade ainsi que la ciboulette. Verser un petit filet d'huile d'olive.
Déguster !


samedi 19 novembre 2016

Spaghetti béchamel au foie gras



LE plat régressif par excellence et hyper calorique mais tellement bon, surtout si comme moi vous adorez le foie gras.
A manger avec modération donc, mais pendant les fêtes un plat tout simple qui peut être très utile pour recycler les restes de foie gras.

Nous avons du très bon foie gras en Alsace et en faisant des recherches pour cet article, j'ai même découvert qu'on serait la région d'origine du foie gras, avant de s'être fait damer le pion par le Sud-Ouest dans les années 60. A l'origine, le foie gras était principalement du foie gras d'oie, mais lorsque le Sud-Ouest, le pays du canard, a décidé de se lancer dans la brèche, c'est le foie gras de canard qui est devenu le plus courant et qui représente désormais 96% du marché du foie gras en France. L'Alsace reste un des derniers bastions à garder cette spécialisation du foie gras d'oie pour pouvoir tenir face à la concurrence.

Au niveau du goût, j'avoue avoir une nette préférence pour l'oie, dont le goût est moins marqué que le canard mais plus subtil et long en bouche. J'ai découvert après coup que c'est aussi l'avis de tous les producteurs d'oie et de canard selon cette source
Question santé, une nutritionniste m'avait dit il y a quelques années que l'oie permettait de produire du bon cholestérol alors que le canard produisait uniquement du mauvais cholestérol, mais je suis incapable de vérifier la source de cette information et l'ensemble me paraît un peu réducteur. Si vous en savez plus à ce sujet, n'hésitez pas à m'en parler.

Bref, que ce soit canard ou oie, Alsace ou Sud-Ouest, n'hésitez pas à tester cette recette toute simple et rapide !

Ingrédients (pour une personne) :
- 50 g de foie gras mi-cuit
- 110 g de spaghetti De Cecco n°12
- 13 g de beurre
- 13 g de farine
- 130 ml de lait
- une pincée de noix de muscade
- une petite poignée de parmesan fraîchement râpé

Faire bouillir une casserole d'eau pour les pâtes. Lorsque cela bout, mettre les spaghetti ainsi que le gros sel et les cuire selon le temps de cuisson indiqué sur le sachet, sans le couvercle et à feu vif.

Pendant ce temps, préparer la béchamel en mettant le beurre dans une petite casserole. Une fois fondu, ajouter la farine et mélanger avec une cuillère en bois. Puis ajouter le lait d'un coup. Fouetter pendant quelques minutes, le temps que la sauce prenne. Ajouter le foie gras coupé en morceaux et continuer à mélanger jusqu'à ce qu'il soit complètement fondu.
Assaisonner la sauce en sel et en poivre selon votre goût. Eteindre le feu et ajouter le parmesan et la muscade. Bien remuer.
Verser les spaghetti dans la casserole de sauce pour bien les enrober et se jeter dessus servir dans des assiettes creuses.

Bon appétit !

Vous pouvez aussi faire comme moi et ne pas attendre en vous servant directement dans la casserole. Miam !


mercredi 16 novembre 2016

Ma bibliothèque culinaire #3 Bouillons de William Ledeuil


Bouillons, William Ledeuil

Comment ne pas mentionner Bouillons, un des derniers livres de William Ledeuil ? 

Vous pensez bien, toute Miss Bouillons que je suis, que dès que j'ai entendu parler de ce livre et du sujet traité, je n'ai eu qu'une envie, me plonger dedans ! 

Bouillons de courge, noisettes pimentées et caramélisées

Je n'ai pas été déçue en ce qui concerne les recettes : le thème est traité en détail, le bouillon est bien le sujet principal du livre.

Bouillon de pommes de terre nouvelles, asperges et anguille fumée

Toutes les photos que je reproduis ici sont le fruit du travail de Louis Laurent Grandadam et j'avoue avoir été charmée par le résultat. Je vous laisse admirer, cela n'en rend que la cuisine de ce grand cuisinier plus attrayante encore ! C'est pourquoi j'ai eu un mal fou à choisir les photos, j'avais envie de toutes les mettre.

Curry jaune de légumes


Dès le début, William Ledeuil nous explique qu'il utilise 7 bouillons de base (volaille, boeuf, poissons, crustacés, coquillages, légumes et ce qu'il appelle "umami" avec des champignons) qui eux-mêmes servent à créer 9 autres bouillons qu'il nomme "bouillons essentiels" (souvent avec du lait de coco par exemple). Ce sont ces bouillons essentiels qu'il utilise dans les recettes présentées ensuite par chapitres.

Légumes verts, bouillon aux herbes

On comprend donc à travers la lecture de ce livre que le bouillon est une technique pensée, réfléchie, travaillée par ce grand cuisinier depuis un petit moment et qu'il nous livre donc le fruit de longues années d'essais, de tentatives, de tâtonnements pour enfin aboutir à la saveur parfaite.

Bouillon de boeuf en gelée d'herbes

Une double page de conseils sur la technique du bouillon en début d'ouvrage permet également de la rendre accessible au plus grand nombre. On y apprend notamment que, quelle que soit la viande utilisée, il faut systématiquement la blanchir, donc la plonger dans une marmite d'eau froide portée à ébullition et la rincer à l'eau claire, avant l'entrée dans la cuisson du bouillon, et ce pour en retirer toutes les impuretés.

Farci de crabe et radis

En revanche, ce qui m'a chagrinée, et c'est souvent le cas avec William Ledeuil, c'est le nombre totalement introuvable d'ingrédients à utiliser même dans les bouillons de base, sans parler des recettes, à moins d'habiter à Paris dans le quartier chinois. Et encore...!
Comment se procurer la main de Bouddha, l'amarante de Chine, le shiso, le cédrat, l'orange bigarade, le yuzukoshou, l'atchara, le shimeji, l'eryngii, le kumquat rond, le pandanus etc. ?

Couteaux au jus de coquillages, vierge au cédrat

Au bout d'un moment, il y a tellement d'ingrédients qu'il faudrait remplacer qu'on finit par être découragé et on renonce à la recette, tant la liste est longue !
C'est pourquoi, dans un souci de vulgarisation, je pense qu'il aurait dû proposer des alternatives aux recettes qui proposent trop d'ingrédients rares et difficilement trouvables.

Linguine au beurre d'algues, yuzu et poutargue

Cela dit, si vous trouvez le Graal et arrivez enfin à réunir tous les ingrédients, le jeu en vaut la chandelle, des saveurs subtiles se révèlent, et le bouillon tient toute sa promesse.

Bouillon de carottes, citronnelle, cappuccino, amandes, safran

Un livre exigeant donc mais de grande qualité, ce qui, je crois, définit bien la personne derrière l'ouvrage.

Barbue, bouillon au gingembre et algues wakame


dimanche 13 novembre 2016

Soupe d'hiver




Alors que les températures baissent, que le soleil se fait plus timide, on se tourne instinctivement vers des petits plats chauds, réconfortants, et quoi de mieux que la soupe aux légumes d'hiver pour cela ? 

Je sais que nous ne sommes pas techniquement en hiver mais pour ma part c'est toujours aux alentours de novembre que je commence à passer aux plats qui vont m'accompagner pendant toute la saison automne-hiver.

La soupe de légumes n'est pas un scoop et tout le monde a l'habitude d'en faire : je vous propose ma variante, très simple et goûteuse. 

N'ayez pas peur d'y ajouter du navet. Si vous respectez les quantités ci-dessous, cela n'apportera aucune amertume. Bien au contraire, vous aurez un petit goût de radis qui va lier et relever l'ensemble de votre soupe.

J'aime bien l'accompagner, comme cela se fait souvent en Alsace, de quenelles de moelle ou de veau (sur la photo ci-dessus, vous pouvez apercevoir des quenelles de veau) achetées chez mon boucher, que je fais cuire préalablement soit dans de l'eau bouillante pendant une dizaine de minutes soit directement dans la soupe vers la fin de la cuisson. 

C'est ma belle-maman qui la première m'en a donné l'idée et depuis j'avoue être une inconditionnelle de cette association : si vous n'avez jamais essayé, je vous conseille de tester, c'est vraiment excellent !


Ingrédients (pour 4 personnes) :
- 2 poireaux
- 2 carottes
- 2 grosses pommes de terre (ou 4 petites)
- 1 navet
- 2 cubes de bouillon de volaille
- 1,5 litre d'eau

Découper en rondelles fines le poireau et la carotte, ainsi que les pommes de terre et navets en gros cubes après les avoir épluchés et nettoyés. 


Faire cuire les poireaux et les carottes dans une bonne cuillère à soupe d'huile d'olive jusqu'à ce qu'ils s'amollissent (mais il ne faut pas qu'ils colorent). Pendant ce temps, faire chauffer l'eau et y déposer les cubes de bouillon dès que cela bout.


Une fois les légumes cuits, ajouter le bouillon, ainsi que les pommes de terre et le navet, du sel et du poivre (il vaut mieux sous-assaisonner au début, quitte à en rajouter plus tard, l'inverse étant plus difficile).


Couvrir et porter à ébullition. Laisser mijoter pendant une demi-heure environ, le temps que les pommes de terre et le navet soient cuits (vérifier avec la lame d'un couteau si cela rentre facilement).


Mixer au blender pour obtenir une soupe bien lisse et onctueuse.

Goûter et vérifier l'assaisonnement.

A ce moment-là, vous pouvez rajouter des herbes fraîches si vous en avez, comme du persil, de la ciboulette ou du cerfeuil.


Verser dans une assiette creuse ou un bol. Rajouter un petit filet d'huile d'olive et déguster.







vendredi 11 novembre 2016

Turin # 3 Les noisettes



Au Piémont, les noisettes, c'est du sérieux. 

On y trouve la Tonda gentile delle Langhe, une variété de noisettes au goût subtil et délicat couramment appelée la ronde du Piémont qui, d'après l'INRA, serait tout simplement la meilleure noisette au monde.

Elle bénéficie comme vous le voyez sur la photographie ci-dessus d'une IGP et pour cause les Piémontais en sont tellement fiers qu'ils en mettent partout.

Ce n'est pas pour rien que la plus fameuse pâte à tartiner du monde à base de noisettes, j'ai cité le Nutella, a été créée par M. Ferrero, un pâtissier piémontais situé dans la ville d'Alba, qui s'était inspiré des produits locaux, c'est-à-dire les abondantes et délicieuses noisettes de sa région.

Je vous mets ci-dessous un petit assortiment de biscuits et de pâtisseries à base de noisettes que nous avons pu découvrir sur place.

Petites meringues aux noisettes

Baci di dama, les baisers de la dame, biscuit amandes-noisettes et fourrage au gianduja

Biscuits de maïs fourrés aux noisettes

Torta alle nocciole, gâteau aux noisettes


jeudi 10 novembre 2016

Turin #2 Le bicerin




Le bicerin (prononcer "bitchérine") est l'autre grande spécialité de Turin. Décidément, cette ville aime les choses sucrées ! Et vous verrez, ce n'est pas fini... !

Cette boisson typique est constituée d'un tiers de café (expresso), un tiers de chocolat et un tiers de ce que les Italiens appellent fior di latte, la fleur de lait ou comme on dit en France la crème fleurette.
Le mot lui-même serait la variante dialectale de bicchierino, petit verre en italien.
L'ensemble est vraiment excellent, et moi qui ai beaucoup de problèmes avec le goût du café, là il passe presque tout seul entouré par le reste. Alors en plus si on aime le café... un vrai régal !

Je vous conseille de le déguster dans une des institutions turinoises, là où il aurait été créé, au café Al Bicerin

J'en profite dans ce billet pour dire également que Turin propose partout des chocolats chauds excellents, cioccolata calda en italien. Les chocolats chauds italiens sont sensiblement différents des français : ils sont plus épais, plus onctueux, plus crémeux.

Je vous conseille particulièrement celui de Baratti&Milano, le même endroit où j'ai acheté les gianduiotti. Leur chocolat chaud est un délice !

La cioccolata



dimanche 6 novembre 2016

Turin #1 Les gianduiotti



J'ai eu la chance, comme je vous l'annonçais dans un précédent billet, de passer le week-end d'Halloween et de la Toussaint en Italie et notamment à Turin. 
C'est une ville que je visitais pour la deuxième fois et ce avec plaisir car elle regorge de trésors, contrairement à ce qu'on pourrait penser. Il est vrai qu'elle est moins célèbre que Rome, Florence et Naples mais elle vaut néanmoins largement le détour, de par son architecture, ses musées (leur incroyable musée de l'Egypte, du Cinéma, de l'Automobile etc.), ses parcs (fait rare dans les villes italiennes !) et bien sûr ses spécialités culinaires !

Je vous ai donc concocté un petit tour d'horizon des spécialités turinoises et piémontaises, et je commence par une des plus célèbres : les gianduiotti !

Les gianduiotti sont de petites friandises délicieusement fondantes à base de gianduja, une pâte de chocolat et de noisettes finement broyées. Il faut compter environ 30% de noisettes pour le reste de chocolat, et on ajoute à l'ensemble une matière grasse comme du beurre (de cacao ou non) ou de la crème. C'est cela qui donne à ce bonbon son onctuosité légendaire.
Pour ceux qui n'ont jamais goûté, on est assez proche du praliné, mais sans ce côté justement très onctueux, le praliné contenant moins de matière grasse.

Pour la petite histoire, le nom de "gianduja" viendrait à l'origine d'un personnage de marionnettes typiquement piémontais remportant beaucoup de succès même en-dehors de la région. Petit à petit, les gens en seraient venus à désigner l'autre célébrité piémontaise qu'est ce chocolat en utilisant ce même nom qui leur faisait penser à la région.
C'est dire si dès le début ce bonbon a eu du succès !

Il est à noter également que le gianduja est aujourd'hui beaucoup utilisé à Turin comme parfum de glace : si vous avez l'occasion, profitez-en, c'est à tomber !

Les gianduiotti de Baratti&Milano, une institution turinoise

vendredi 4 novembre 2016

Kitchen trotter



Suite à un cadeau de ma famille, j'ai pu tester pendant 3 mois les boîtes de Kitchen Trotter. Pour ceux qui ne connaissent pas, je rappelle le principe : chaque mois nous est envoyée une boîte avec pour thème un pays. Dans cette boîte figurent différents ingrédients liés à la cuisine de ce pays ainsi qu'un carnet de recettes.

2 des boîtes reçues
On ne sait pas à l'avance quelle va être la destination, même si Kitchen Trotter nous envoie des indices lors du mois qui précède pour nous faire deviner. L'ensemble est vraiment ludique et l'on se prend au jeu. Lorsque ces boîtes colorées arrivent, mystérieusement attrayantes, on a vraiment hâte de se jeter dessus et d'avoir la solution (ou serait-ce juste moi ?).
On n'a qu'une envie, découvrir ce qu'il y a à l'intérieur !
J'ai eu ainsi la possibilité, sans bouger de ma cuisine, de voyager en Martinique, en Iran et en Irlande.



L'Iran


L'Irlande


La Martinique

Produits irlandais :


Produits martiniquais :


J'ai trouvé que les produits étaient de qualité, originaux et introuvables en France pour nombre d'entre eux.
Le carnet de recettes est très complet, avec suffisamment de recettes pour un menu complet pour 6 personnes. Il y a même l'adresse internet d'une playlist recommandée pour la soirée, à écouter lorsqu'on cuisine ou pendant le repas, toujours sur le thème du pays.

En définitive, le concept m'a vraiment plu et je le conseille à tous les passionné(e)s de cuisine qui ont envie d'élargir leurs horizons culinaires sans pour autant payer le billet d'avion !